Cette habitude avec l’ail intrigue beaucoup : ce que la science dit vraiment de ses effets
Manger une gousse d’ail cru chaque jour, l’avaler avant de dormir ou préparer de l’eau à l’ail : les conseils autour de cet aliment circulent abondamment. Certains lui attribuent des effets spectaculaires sur la circulation, l’immunité ou la tension artérielle. La réalité scientifique est plus nuancée. L’ail contient effectivement des composés intéressants et certaines études constatent des effets modestes sur plusieurs facteurs cardiovasculaires, mais cela ne transforme pas une gousse d’ail en traitement médical. Voici ce que l’on sait réellement.
Une petite quantité d’ail dans l’alimentation suffit pour en profiter
L’ail peut parfaitement être consommé régulièrement dans le cadre d’une alimentation variée. Pour un usage culinaire, il n’est pas nécessaire d’en avaler plusieurs gousses crues.
Pour une personne qui le tolère bien, vous pouvez utiliser :
– 1 petite gousse d’ail, soit environ 3 à 5 g ;
– écrasée ou hachée ;
– incorporée à un repas.
1. Épluchez la gousse.
2. Écrasez-la ou hachez-la finement.
3. Laissez-la reposer 5 à 10 minutes avant de l’utiliser.
4. Incorporez-la ensuite à une vinaigrette, des légumes, une sauce ou un plat.
Lorsque l’ail est coupé ou écrasé, des réactions enzymatiques permettent notamment la formation d’allicine, un composé soufré beaucoup étudié.
Cela ne signifie toutefois pas que laisser reposer l’ail dix minutes garantit un effet thérapeutique précis.
La consommation comme aliment reste très différente des extraits et compléments standardisés étudiés dans les essais cliniques.
Que disent les études sur la tension artérielle ?
C’est l’un des domaines où l’ail a été le plus étudié.
Une vaste méta-analyse récente regroupant 108 essais randomisés et 7 137 participants a constaté une diminution moyenne de la pression artérielle systolique d’environ 3,7 mmHg et de la pression diastolique d’environ 2 mmHg avec différentes préparations d’ail.
Ces chiffres sont intéressants, mais ils doivent être interprétés correctement.
Les essais utilisent différentes préparations, doses et populations. Une autre analyse consacrée à l’ail vieilli a trouvé une baisse moyenne de la pression systolique d’environ 2,5 mmHg, tout en soulignant la nécessité d’études supplémentaires de bonne qualité.
Le NCCIH, organisme américain spécialisé dans l’évaluation des approches complémentaires, considère que les données suggèrent au mieux une petite réduction de la tension chez certaines personnes hypertendues.
L’ail ne remplace donc jamais un traitement antihypertenseur prescrit.
L’effet sur le cholestérol existe, mais reste modeste
L’ail est également souvent présenté comme un moyen naturel de « nettoyer les artères ». Cette formulation est trompeuse : aucun aliment ne nettoie mécaniquement les artères.
Certaines recherches indiquent néanmoins une amélioration modeste de certains paramètres lipidiques.
Le NCCIH rapporte que des compléments d’ail pris pendant plus de deux mois peuvent réduire le cholestérol total chez certaines personnes, mais que leur effet reste beaucoup plus faible que celui des médicaments destinés à diminuer le cholestérol lorsque ceux-ci sont nécessaires.
La méta-analyse récente portant sur plus de 7 000 participants a notamment observé une diminution moyenne du cholestérol total et du LDL avec les préparations étudiées.
Cela justifie de considérer l’ail comme un aliment intéressant dans une alimentation équilibrée, pas comme un substitut aux conseils médicaux, à l’activité physique ou aux traitements prescrits.
Faut-il absolument manger l’ail avant de dormir ?
C’est probablement l’une des affirmations les plus populaires sur les réseaux sociaux, mais il n’existe pas de preuve solide montrant que manger une gousse d’ail précisément avant le coucher procure des bénéfices particuliers.
L’heure de consommation n’est pas le facteur étudié dans la majorité des essais.
Chez certaines personnes, manger de l’ail cru le soir peut même être désagréable.
Il peut provoquer :
– brûlures d’estomac ;
– douleurs abdominales ;
– gaz ;
– nausées ;
– haleine prononcée.
Ces effets digestifs sont notamment signalés par le NCCIH et peuvent être plus marqués avec l’ail cru.
Si vous êtes sujet au reflux, mieux vaut l’incorporer au repas plutôt que d’avaler une gousse crue juste avant de vous allonger.
Cette astuce vous a plu ?
Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.
Il n’est donc pas nécessaire de respecter une heure particulière.
Et pour renforcer l’immunité ou éviter les rhumes ?
C’est une autre réputation très répandue.
Les travaux de laboratoire montrent que certains composés de l’ail possèdent des activités biologiques intéressantes. Mais démontrer une activité en laboratoire n’équivaut pas à prouver qu’une personne qui mange de l’ail attrapera moins souvent un rhume.
Les essais cliniques disponibles restent peu nombreux.
Le NCCIH indique que les preuves concernant l’ail pour prévenir ou traiter le rhume sont insuffisantes. Une revue n’avait notamment identifié qu’un très petit nombre d’études exploitables.
Manger de l’ail peut donc faire partie d’une alimentation saine, mais promettre qu’une gousse quotidienne « renforce les défenses » ou empêche les infections irait au-delà des preuves disponibles.
L’ail cru n’est pas forcément meilleur en grande quantité
Puisque certains composés sont sensibles à la préparation, on pourrait être tenté de consommer plusieurs gousses crues.
Ce n’est pas nécessaire.
Pour une utilisation quotidienne, 1 petite gousse dans un repas représente déjà une quantité culinaire raisonnable pour ceux qui la tolèrent.
Vous pouvez également la cuire.
La cuisson modifie certains composés soufrés, mais l’objectif d’une alimentation équilibrée n’est pas d’obtenir la concentration maximale d’une seule molécule.
Si l’ail cru irrite votre estomac, faites-le revenir doucement ou incorporez-le en fin de cuisson.
Ne mettez jamais d’ail cru directement sur la peau pour traiter un problème : il peut provoquer une irritation importante, voire des brûlures cutanées.
Les précautions à connaître avant d’en consommer beaucoup
L’ail utilisé comme aliment est généralement bien toléré.
La prudence devient surtout importante avec les compléments concentrés.
Ces produits peuvent augmenter le risque de saignement, notamment chez les personnes prenant certains anticoagulants ou de l’aspirine. Le NCCIH recommande également de signaler l’utilisation de suppléments d’ail avant une intervention chirurgicale.
Si vous prenez un traitement régulier, ne commencez donc pas une cure d’extrait d’ail sans demander conseil à un professionnel de santé.
Pendant la grossesse ou l’allaitement, les quantités alimentaires habituelles sont différentes des fortes doses présentes dans certains compléments, pour lesquelles les données de sécurité sont plus limitées.
Erreurs à éviter
Avaler plusieurs gousses crues pour obtenir un effet plus puissant. Cela augmente surtout le risque d’inconfort digestif.
Croire que l’ail remplace un médicament. Ses effets observés sur la tension ou le cholestérol restent modestes.
Penser que le prendre avant de dormir change tout. Aucun bénéfice spécifique bien démontré n’est associé à cette heure.
Appliquer de l’ail cru sur la peau. Il peut provoquer de véritables brûlures.
Prendre des compléments sans vérifier ses médicaments. Une interaction ou une augmentation du risque de saignement est possible.
Pour aller plus loin
Utilisez l’ail comme aromate régulier plutôt que comme « cure miracle ».
Associez-le à des légumes, légumineuses, huile d’olive et autres aliments d’une alimentation équilibrée.
Pour la tension, le cholestérol ou la glycémie, considérez toujours l’alimentation dans son ensemble plutôt qu’un seul ingrédient.
Questions fréquentes
Une gousse d’ail par jour est-elle obligatoire ?
Non. Il n’existe pas de quantité universelle nécessaire pour rester en bonne santé.
L’ail fait-il baisser la tension immédiatement ?
Non. Les effets observés dans les études concernent des consommations suivies dans le temps et restent modestes.
Est-il préférable de manger l’ail cru ?
L’ail cru conserve certains composés sensibles à la chaleur, mais il est aussi plus irritant. L’ail cuit reste parfaitement intéressant comme aliment.
Peut-on remplacer son traitement par de l’ail ?
Non. Une hypertension, un cholestérol élevé ou un diabète nécessitent un suivi approprié. L’ail peut faire partie de l’alimentation, mais ne doit pas remplacer un traitement prescrit.
Cette astuce vous a plu ?
Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.