Ne jetez plus les restes de vos plantes : au jardin, ils peuvent devenir une vraie ressource

Ne jetez plus les restes de vos plantes : au jardin, ils peuvent devenir une vraie ressource

Feuilles fanées, fleurs coupées, petites tiges et résidus de taille finissent souvent directement à la poubelle. Pourtant, une grande partie de ces déchets végétaux peut retourner au jardin et contribuer à nourrir le sol, produire du compost ou protéger certaines plantations. Encore faut-il utiliser les bons végétaux au bon endroit : une plante malade ou montée en graines demande davantage de précautions. Voici des méthodes simples pour transformer vos restes végétaux en ressources utiles, au jardin comme sur un balcon.

Transformer les restes végétaux en compost

Le compostage est la méthode la plus polyvalente. Les micro-organismes et petits organismes du compost décomposent progressivement la matière végétale pour former un amendement riche en matière organique.

Pour démarrer :

– 1 volume de restes végétaux frais : feuilles vertes, fleurs fanées, petites tailles tendres ;

– 1 à 2 volumes de matières sèches : feuilles mortes, brindilles broyées ou carton brun non plastifié déchiré ;

– un composteur ou un tas directement en contact avec le sol ;

– un peu d’eau si les matières sont très sèches.

Étapes :

1. Coupez les grosses tiges en morceaux de 5 à 10 cm pour accélérer leur décomposition.

2. Déposez environ 10 cm de matières fraîches puis recouvrez-les de 10 à 20 cm de matières sèches.

3. Mélangez légèrement avec une fourche et vérifiez l’humidité : le mélange doit évoquer une éponge essorée, sans être détrempé.

4. Brassez le compost toutes les 2 à 4 semaines et ajoutez de la matière sèche s’il devient humide ou malodorant.

5. Patientez généralement 6 à 12 mois. Le compost mûr est brun foncé, friable et présente une odeur de terre forestière.

Écartez les végétaux manifestement malades, les plantes traitées récemment avec un produit incompatible avec le compostage et les mauvaises herbes portant des graines mûres si votre compost ne chauffe pas suffisamment.

Utiliser les feuilles mortes comme paillage

Les feuilles mortes constituent un excellent paillage lorsqu’elles sont saines. Elles couvrent le sol, ralentissent l’évaporation de l’eau et se décomposent progressivement en apportant de la matière organique.

À l’automne, ramassez les feuilles sèches puis broyez-les grossièrement avec une tondeuse ou déchirez les plus grandes. Sur une terre préalablement désherbée et humide, étalez une couche de 5 à 8 cm autour des arbustes et plantes vivaces. Gardez toutefois 5 cm d’espace autour des tiges et des troncs afin d’éviter une humidité permanente contre les végétaux.

Sur un pot ou une jardinière, limitez l’épaisseur à 2 ou 3 cm. Renouvelez lorsque la couche s’est nettement décomposée. Évitez les feuilles présentant des symptômes importants de maladie et les couches très épaisses de feuilles compactes qui peuvent empêcher l’eau de pénétrer correctement.

Broyer les petites tailles pour couvrir le sol

Les petites branches issues de la taille peuvent également être valorisées. Une fois broyées, elles constituent un paillage durable particulièrement intéressant sous les haies, les arbustes et certains arbres.

Utilisez uniquement un broyeur adapté au diamètre indiqué par son fabricant. Portez des lunettes de protection, des gants et suivez strictement les consignes de sécurité de la machine. Étalez ensuite le broyat sur une épaisseur d’environ 5 à 7 cm, sur un sol humide et débarrassé des adventices. Laissez là encore quelques centimètres libres autour du collet des plantes.

Le bois se décompose plus lentement que les feuilles et protège donc le sol pendant plusieurs mois. Évitez toutefois d’enfouir une grande quantité de broyat frais dans la terre : utilisez-le principalement en surface. Ne broyez pas de bois malade pour le répartir ensuite dans le jardin.

Faire du terreau de feuilles

Cette astuce vous a plu ?

Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.

Si vous disposez de beaucoup de feuilles mortes, vous pouvez les transformer séparément en terreau de feuilles. Cette matière est particulièrement intéressante pour améliorer la structure du sol.

Rassemblez environ 50 à 100 litres de feuilles mortes humides dans un contenant aéré, un composteur grillagé ou un sac spécialement perforé. Si les feuilles sont sèches, humidifiez-les légèrement : elles doivent être humides au toucher mais ne pas dégouliner lorsqu’on les presse.

Laissez-les se décomposer à l’ombre pendant 12 à 24 mois. Mélangez-les tous les deux ou trois mois si cela est possible. À terme, leur volume diminue fortement et elles deviennent sombres et friables. Utilisez cette matière comme amendement autour des arbustes ou mélangez-la à la terre du jardin. Pour les semis délicats, préférez toutefois un substrat spécifiquement prévu à cet effet.

Créer un petit refuge avec les tiges sèches

Toutes les tiges sèches n’ont pas besoin d’être immédiatement broyées. Certaines peuvent constituer des abris pour des insectes pendant l’hiver.

À l’automne, conservez quelques tiges creuses ou contenant une moelle et rassemblez-les en petits fagots de 20 à 30 cm de longueur. Placez-les horizontalement dans un endroit abrité de la pluie, à environ 50 cm à 1,5 m du sol, sans fermer leurs extrémités. Vous pouvez aussi laisser certaines tiges debout jusqu’au printemps avant de les couper.

Cette pratique ne demande aucun produit et préserve des microhabitats utiles. Choisissez uniquement des tiges sèches et saines, et ne comptez pas sur ce dispositif comme une solution automatique contre les ravageurs : il s’agit avant tout de favoriser la biodiversité du jardin.

Erreurs à éviter

– Mettre des plantes malades partout au jardin. Certains agents pathogènes peuvent survivre sur les résidus végétaux et contaminer de nouvelles plantes.

– Utiliser des mauvaises herbes déjà en graines comme paillage. Vous risquez de disséminer leurs graines dans les massifs.

– Coller le paillage contre les troncs. L’humidité permanente autour de l’écorce peut favoriser sa dégradation.

– Former une couche compacte de feuilles. Une couverture trop épaisse limite la circulation de l’air et la pénétration de l’eau.

– Attendre du compost un effet immédiat. La transformation naturelle demande plusieurs mois.

Pour aller plus loin

Sur un balcon, utilisez un petit composteur adapté ou réservez simplement quelques feuilles mortes saines au paillage des pots. Au potager, apportez le compost mûr avant les plantations selon les besoins des cultures. Dans les massifs, laissez également une partie des résidus végétaux sains sur place pendant l’hiver lorsque cela ne présente pas de problème sanitaire.

Questions fréquentes

Peut-on composter toutes les plantes du jardin ?

Non. Écartez notamment les végétaux fortement malades et soyez prudent avec les plantes portant des graines mûres ou capables de repartir facilement à partir de fragments.

Quelle épaisseur de feuilles mortes utiliser comme paillage ?

Environ 5 à 8 cm au jardin suffisent généralement. Dans les pots, une couche de 2 à 3 cm est plus adaptée.

Faut-il ajouter du vinaigre ou du bicarbonate au compost ?

Non. Un compost équilibré n’en a pas besoin. L’essentiel est de maintenir un bon équilibre entre matières fraîches, matières sèches, humidité et aération.

Quand le compost est-il prêt ?

Comptez généralement 6 à 12 mois, parfois davantage. Il est mûr lorsqu’il devient sombre et friable, que les déchets d’origine sont difficilement reconnaissables et que son odeur rappelle celle de la terre.

Cette astuce vous a plu ?

Inscrivez-vous et recevez nos meilleurs trucs et astuces chaque semaine, directement dans votre boîte mail.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *