Votre compost ne se décompose pas ? L’une de ces 9 erreurs pourrait en être la cause
Un compost qui reste presque intact pendant des mois, sent mauvais ou se transforme en masse sèche n’est pas forcément perdu. Le problème vient souvent d’un mauvais équilibre entre matières humides et matières sèches, d’un manque d’air ou simplement de morceaux trop gros. La saison joue aussi beaucoup : en hiver, tout ralentit naturellement. Avant d’ajouter un produit ou de recommencer votre tas, vérifiez ces neuf erreurs courantes et corrigez progressivement les conditions de décomposition.
Commencez par rétablir l’équilibre entre matières vertes et brunes
Un compost efficace a besoin à la fois de matières riches en azote, dites « vertes », et de matières riches en carbone, dites « brunes ». Les premières comprennent notamment épluchures végétales, marc de café et tontes fraîches ; les secondes, feuilles mortes, carton brun non plastifié et petites brindilles broyées.
Matériel nécessaire : un seau de 10 litres, des matières vertes, des matières brunes et une fourche ou un aérateur de compost.
1. Prélevez une poignée de compost à plusieurs endroits pour vérifier son humidité.
2. Pour 1 seau de 10 litres de matières vertes, ajoutez environ 1 à 2 seaux de matières brunes peu tassées. Le volume exact dépend de leur humidité.
3. Mélangez les nouveaux apports aux 20 à 30 premiers centimètres du compost au lieu de créer des couches compactes.
4. Contrôlez de nouveau l’état du mélange après 7 à 14 jours.
Le bon signe : le compost reste humide comme une éponge bien essorée, sans dégager d’odeur putride. Les matières commencent progressivement à perdre leur aspect d’origine.
Erreur 1 : votre compost est beaucoup trop sec
Sans eau, l’activité des micro-organismes ralentit fortement. Prenez une poignée avec des gants et pressez-la : elle doit être humide, mais l’eau ne doit pas ruisseler.
Si le contenu s’effrite et paraît poussiéreux, ajoutez 1 à 2 litres d’eau pour environ 50 litres de compost, mélangez, puis vérifiez après quelques heures. Répétez si nécessaire plutôt que de verser beaucoup d’eau d’un coup.
En été, contrôlez l’humidité une fois par semaine, surtout avec un composteur exposé au soleil.
Erreur 2 : il est détrempé et manque d’air
À l’inverse, une masse saturée d’eau chasse l’air indispensable à une bonne décomposition aérobie. Une odeur forte et désagréable, associée à une matière gluante, constitue un signe fréquent.
Ajoutez environ 10 litres de carton brun déchiré, feuilles mortes ou petites brindilles sèches pour 20 litres de compost très humide. Mélangez soigneusement et laissez le couvercle ouvert quelques heures par temps sec si votre composteur le permet.
N’ajoutez plus d’eau avant que la texture redevienne simplement humide.
Erreur 3 : vous ajoutez trop de tontes de gazon
Une grosse quantité de gazon frais se tasse rapidement et peut former une couche humide pauvre en oxygène. Ne versez donc pas une tonte entière en bloc.
Laissez idéalement l’herbe fraîche se ressuyer 24 à 48 heures. Incorporez ensuite 1 volume de tonte pour environ 1 à 2 volumes de matières brunes aérées, comme des feuilles sèches ou du carton brun déchiqueté.
Mélangez immédiatement. Cette méthode limite le tassement et fournit davantage de carbone au mélange.
Erreur 4 : les déchets sont trop gros
Une branche de 30 cm ou un gros morceau de légume possède proportionnellement moins de surface accessible aux organismes décomposeurs que la même matière fragmentée.
Coupez les déchets végétaux volumineux en morceaux d’environ 2 à 5 cm. Broyez les petites branches si vous disposez d’un équipement adapté.
Il n’est pas nécessaire de tout réduire en poudre : le compost a aussi besoin de matériaux structurants laissant circuler l’air. Après quelques semaines, les petits morceaux devraient être nettement moins reconnaissables.
Erreur 5 : vous ne mélangez jamais le compost
Un compost laissé totalement compact peut développer des zones pauvres en oxygène. Aérez les 20 à 30 cm supérieurs toutes les 1 à 2 semaines pendant les périodes actives, à l’aide d’une fourche ou d’un aérateur.
Il ne faut pas nécessairement retourner intégralement le tas à chaque fois. L’objectif est surtout de décompacter et de redistribuer l’humidité.
Après l’aération, une odeur de sous-bois est normale. Une odeur persistante d’œuf pourri ou de putréfaction indique plutôt un manque d’air ou un excès d’humidité.
Erreur 6 : vous ajoutez presque uniquement des matières brunes
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Un tas composé essentiellement de feuilles sèches, carton et brindilles peut se décomposer très lentement. Incorporez alors des matières plus riches en azote.
Pour 20 litres de matières brunes, ajoutez progressivement 10 à 20 litres de déchets végétaux frais, puis mélangez. Évitez de chercher une proportion mathématique parfaite : l’humidité et la densité des matériaux varient énormément.
N’ajoutez pas de viande, poisson, produits laitiers ou matières grasses dans un composteur domestique classique, sauf si votre système et les consignes locales les acceptent explicitement.
Erreur 7 : le composteur est trop petit ou presque vide
Un petit volume conserve moins facilement chaleur et humidité. Après chaque apport de déchets végétaux, couvrez-les d’une couche de 3 à 5 cm de matières brunes.
Si vous débutez, soyez patient : un composteur fraîchement installé peut mettre plusieurs semaines à devenir réellement actif. Au printemps et en été, la transformation est généralement plus rapide qu’en hiver.
Erreur 8 : vous attendez la même vitesse en hiver
Sous climat tempéré, la baisse des températures ralentit naturellement l’activité biologique. Ce n’est pas nécessairement un problème à corriger.
Continuez à équilibrer les apports et protégez le compost des pluies excessives. Évitez surtout de l’arroser abondamment pour tenter de « relancer » artificiellement le processus.
L’activité augmentera avec le réchauffement printanier.
Erreur 9 : vous ajoutez des matières inadaptées
Évitez plastiques, verre, métal, litières minérales, bois traité, poussières d’aspirateur contenant des matières synthétiques et végétaux traités avec des substances incompatibles avec le compostage.
Concernant les plantes malades, mauvaises herbes montées en graines et déjections animales, les recommandations dépendent du procédé et des températures atteintes. Dans un petit compost domestique qui chauffe peu, mieux vaut suivre les règles locales de collecte plutôt que prendre le risque de redistribuer graines ou agents pathogènes.
Erreurs à éviter
Ajouter beaucoup d’eau d’un coup. Vous risquez de transformer un compost sec en masse détrempée et mal aérée.
Compacter les déchets. Les micro-organismes responsables d’une bonne décomposition ont besoin d’oxygène.
Ajouter de la chaux ou des produits prétendument accélérateurs sans nécessité. Un compost équilibré fonctionne sans traitement particulier.
S’inquiéter parce que le compost ne chauffe pas. Les petits composteurs domestiques ne connaissent pas toujours une forte montée en température.
Pour aller plus loin
Gardez un sac de feuilles mortes ou de carton brun déchiré près du composteur : vous pourrez immédiatement corriger un apport trop humide.
Sur un balcon, un lombricomposteur demande une gestion différente et des apports plus progressifs qu’un composteur de jardin.
En pleine terre, placez idéalement le composteur sur un sol permettant aux organismes décomposeurs de circuler, tout en respectant les instructions propres à votre modèle.
Questions fréquentes
Combien de temps faut-il pour obtenir du compost ?
Selon les matériaux, le climat et l’entretien, comptez généralement plusieurs mois, souvent 6 à 12 mois dans un composteur domestique.
Pourquoi mon compost sent-il mauvais ?
Le plus souvent, il est trop humide, trop compact ou contient trop de matières vertes. Ajoutez des matières brunes et aérez-le.
Faut-il arroser le compost en été ?
Oui, uniquement s’il devient réellement sec. Commencez par 1 à 2 litres pour environ 50 litres de matière, mélangez et contrôlez avant d’en ajouter davantage.
Comment reconnaître un compost mûr ?
Il présente une couleur brun foncé, une texture grumeleuse et une odeur agréable rappelant la terre ou le sous-bois. La majorité des déchets d’origine n’est alors plus reconnaissable.
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